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L’arrestation de William Noun, signe d’une volonté de mettre fin au mouvement des familles de victimes | 14-1-2023

Le frère de l’une des victimes de l’explosion au port, Joe Noun, a été libéré sous caution d’élection de domicile samedi après midi, après une journée de tergiversations de la justice et d’escalade de la rue.

« William Noun est une voix dissonante face à l’establishment politique ». Ces mots prononcés par l’avocat Richard Moussa à L’Orient-Le Jour, résument à eux seuls la responsabilité que porte sur ses épaules le frère de Joe Noun, l’un des nombreux morts (plus de 230 selon les familles) de la double explosion au port de Beyrouth, ce funeste 4 août 2020. La responsabilité de porter à bouts de bras, inlassablement, le dossier des familles de victimes, de blessés, de handicapés, de déplacés… Celle de continuer de réclamer justice contre vents et marées, alors que la classe politique, elle, a décidé d’enterrer un dossier qui prouve son irresponsabilité, sa corruption, sa négligence, dans l’explosion de centaines de tonnes de nitrate d’ammonium.

William Noun a été incarcéré vendredi, sur ordre de l’avocat général près du parquet d’appel de Beyrouth, le juge Zaher Hamadé, parce qu’il a osé s’insurger ouvertement contre une justice injuste. Une justice accusée d’être sous influence politique, de fonctionner à deux vitesses, car elle protège les coupables et s’acharne sur les victimes. Mais dont les représentants soutiennent ferme que par ses actes, ses insultes et ses propos menaçants, prononcés quelques jours plus tôt, le jeune homme avait porté atteinte à la sécurité de l’Etat. Dans les milieux proches de l’appareil sécuritaire, on explique d’ailleurs que William Noun fait l’objet de deux accusations. D’une part pour ses menaces de faire exploser le palais de justice et la possession d’explosifs. D’autre part, pour le saccage du palais de justice dont il a brisé des vitres lors d’une manifestation.

L’intervention du patriarcat maronite

Ce n’est donc qu’après l’intervention du patriarcat maronite qu’il a été libéré samedi après-midi à 16h30, sous caution d’élection de domicile, alors que la rue (principalement chrétienne) menaçait de s’enflammer contre une arrestation jugée inique. La Sécurité de l’Etat, appareil sécuritaire sous contrôle du Premier ministre, invité par la justice à arrêter le jeune homme, avait pourtant achevé son enquête à 9 heures. Et dans un premier temps, le juge Hamadé avait décidé de libérer le jeune homme avant de se raviser. Il aura fallu que « l’évêque maronite Michel Aoun entre directement en contact avec le ministre de la Culture, Mohammed Mortada (Hezbollah), pour régler l’affaire » qui menaçait de se prolonger jusqu’à lundi, selon une source ministérielle à L’OLJ, sous couvert d’anonymat.

 

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Pourquoi donc la justice libanaise a-t-elle agi de la sorte? Et qui est derrière l’arrestation de la figure la plus populaire des familles de victimes de l’explosion au port de Beyrouth? Dans les milieux proches du tandem chiite Amal-Hezbollah dont fait partie le juge Zaher Hamadé (proche du président du Parlement, Nabih Berry), la prudence est de mise. Selon la source ministérielle précitée, « le juge Hamadé a appliqué les procédures légales prévues dans ce genre de situation ». Pour un observateur gravitant dans la sphère du Hezbollah, l’arrestation de William Noun ne serait autre qu’une « mise en garde adressée aux familles des victimes contre toute escalade future, surtout avec l’arrivée de la délégation judiciaire européenne ». (Si une délégation enquête sur des malversations financières dans lesquelles serait impliqué le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, la justice française, elle, a dépêché un magistrat pour se pencher sur l’enquête du port, NDLR). C’est dans ce cadre que le ministre Mortada assure à L’OLJ que « le tandem chiite est contre tout ce qui risquerait de mener au chaos, et qu’il n’est pas intervenu dans l’affaire ». De même, dans les milieux sécuritaires, on se dédouane de toute responsabilité. Car le directeur de la Sécurité de l’Etat, Tony Saliba, proche du Courant patriotique libre et de l’ex chef de l’Etat, Michel Aoun, est montré du doigt. “C’est le juge Zaher Hamadé qui a chargé la sécurité de l’Etat de cette mission. Il aurait pu désigner un autre appareil qui aurait agi de la même façon”, réagit une source sécuritaire, dans une claire tentative d’occulter la dimension politique de l’affaire.

Tony Saliba est soupçonné de manquements aux devoirs de sa fonction, et poursuivi dans le cadre de l’enquête sur le 4 août 2020. Il a été reconduit dans ses fonctions en mars dernier.

L’injustice de la justice

Face à ces propos, les critiques fusent contre un Etat qui pratique une justice de deux poids deux mesures, bien décidé à ne pas permettre à l’enquête sur l’explosion au port de redémarrer, si le juge Tarek Bitar n’est pas déchargé définitivement du dossier. Ce dernier avait notamment mis en cause deux députés du mouvement Amal, l’ancien ministre des Travaux publics, Ghazi Zeaiter, et l’ancien ministre des Finances, Ali Hassan Khalil.

 

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Selon l’avocat Paul Morcos, professeur et président de la Fondation Justicia, les propos prononcés il y a quelques jours par William Noun, sur ses intentions de faire exploser le Palais de justice de Beyrouth seraient susceptibles d’entrainer des procédures contre lui « dans des circonstances normales ». « Mais dans les circonstances actuelles, où la justice ne fonctionne pas, où le dossier de l’explosion au port de Beyrouth est complètement arrêté, la procédure relève de l’anomalie », dit-il. Car la justice n’a pas identifié les responsables de la double explosion au port, qui remonte au 4 août 2020. Elle déclenche en revanche une procédure contre William Noun, frère d’une victime de l’explosion, qui réclame justice. « Peut-on appliquer la loi dans ce dossier, et ne pas l’appliquer dans le dossier principal, celui de l’explosion au port ? » demande Maître Morcos, dénonçant « l’absence de justice et le non-fonctionnement de la magistrature ». Réclamant le déblocage du dossier du port, l’avocat regrette que ce qu’il appelle désormais « l’affaire Noun dépasse le cadre juridique, visant à changer des réalités politiques et influencer d’autres parcours judiciaires ».

Ces victimes marginalisées

L’avocat et fondateur de l’observatoire Legal Agenda, Nizar Saghieh va encore plus loin. « Quels que soient les faits imputés à William Noun, la décision de la justice de l’arrêter et de convoquer des membres du mouvement des familles des victimes de l’explosion au port de Beyrouth est un dérapage moral répréhensible, car il faut voir le contexte dans sa globalité », martèle-t-il. Il rappelle que l’enquête dans le dossier du port est arrêtée, et les victimes non reconnues. Les autorités ont donc « cessé de chercher à identifier les responsables », et l’on constate des « interférences et des pressions sur la justice qui ont atteint des records ». « Dans ce cadre, la décision de la justice est considérée comme un moyen de marginaliser les victimes, de les dissuader de demander justice, de les menacer même, pour mettre fin au mouvement des familles, affirme-t-il. L’arme judiciaire est aujourd’hui utilisée contre eux pour arrêter leur mouvement et leur demande de justice ».

Les autorités ont aussi mis William Noun au pied du mur. « Elles l’ont provoqué et dès qu’il a réagi contre l’injustice du système, elles l’ont poursuivi », dénonce Me Saghieh. Quant à ceux qui se tiennent derrière la décision de justice, l’avocat souligne que c’est le juge Zaher Hamadé qui a ordonné l’arrestation de Willam Noun. « Le juge Hamadé est proche du Mouvement Amal. C’est lui qui a mis derrière les barreaux le fils Kadhafi, en 2018. Il était alors juge d’instruction. Il a sur la conscience le fait d’avoir arrêté cet homme qui n’était qu’un enfant lors de la disparition de l’imam Moussa Sader ». Une attitude qui selon Me Saghieh, va dans la direction du tandem chiite, Amal-Hezbollah de paralyser la justice et de marginaliser les victimes. « Amal et le Hezbollah ont cherché à confessionaliser le mouvement des victimes en octobre dernier. Et maintenant ils veulent y mettre fin », accuse-t-il, rappelant que le tandem chiite a bien signifié que l’enquête n’allait pas se poursuivre tant que le juge Bitar est toujours en place. « La justice intervient quand elle veut, contre les victimes, alors que les responsables courent toujours », dénonce-t-il, évoquant une similarité avec le dossier contre le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé.

14-1-2023| لبنان قضاة أوروبيون على أبواب ملفات الفساد اللبناني.. فهل ينجحون بالدخول؟

الوفد القضائي الألماني استهل نشاطاته السابقة لبدء التحقيقات بلقاءات عقدها مع مراجع قضائية لبنانية
الوفد القضائي الألماني استهل نشاطاته السابقة لبدء التحقيقات بلقاءات عقدها مع مراجع قضائية لبنانية

يترقب لبنان الاثنين المقبل، انطلاق أولى جلسات الاستجواب القضائية التي سيجريها وفد قضائي أوروبي من ألمانيا وفرنسا ولوكسمبورغ، بدأ بالوصول إلى بيروت تباعا، في مهمة قضائية تستمر حتى 20 يناير الجاري، في سياق تحقيقات مالية أوروبية بقضايا اختلاس وتبييض وتهريب أموال وإثراء غير مشروع وتهرب ضريبي، ترتبط معظمها بشخص حاكم مصرف لبنان رياض سلامة وأقارب ومعاونين له.

الوفد يضم مدعين عامين وقضاة تحقيق ومدعين عامين ماليين من الدول الأوروبية الثلاث، بدأ وصولهم منذ التاسع من يناير، ومن المنتظر أن يستمعوا إلى مجموعة من المسؤولين المصرفيين وموظفين في مصرف لبنان ونواب حاليين وسابقين لحاكم مصرف لبنان، كلهم بصفة شهود، إضافة إلى رجل أعمال لبناني بصفة مشتبه به في قضية منفصلة.

وفيما لم تنشر أي لائحة اسمية رسمية للبنانيين الذين سيتم الاستماع إلى شهاداتهم، جرى التداول إعلاميا وعبر وسائل التواصل الاجتماعي بلوائح مسربة وأسماء وأرقام متضاربة، فيما أكد النائب العام التمييزي اللبناني غسان عويدات أن حاكم مصرف لبنان رياض سلامة ليس ضمن اللائحة في المرحلة الراهنة، إلا أن ذلك لا يلغي امكانية طلب الاستماع إليه في مراحل لاحقة.

أثارت هذه المستجدات حالة من الترقب والحذر في لبنان، لاسيما على الصعيد السياسي، ففيما تشهد الخطوة الأوروبية ترحيبا سياسيا وشعبيا من أطراف لبنانية عدة، تجد فيها نافذة أمل بمحاسبة وكشف للفساد، يلقى الدخول الدولي على الملفات القضائية اللبنانية معارضة قسم آخر من اللبنانيين والأحزاب الذين يرون فيه تعديا على السيادة اللبنانية، الأمر الذي يثير مخاوف من عرقلة ممنهجة لمهمة الوفد الأوروبي، بدأت بوادرها بالظهور، بهدف حماية المتورطين أو تعطيل التحقيقات.

وتتولى السلطات اللبنانية اتمام التحضيرات الإدارية واللوجيستية لبدء التحقيقات الأوروبية، حيث جرى تجهيز القاعة العامة لمحكمة التمييز في قصر عدل بيروت الذي ستجري فيها الاستجوابات، بالمعدات اللازمة من إضاءة ومكبرات صوتية وقرطاسية وغيرها، كما تتخذ الأجهزة الأمنية اللبنانية إجراءات خاصة لحماية الوفود الأوروبية ومقار إقامتها ومواكبة تحركاتها.

وسيشهد صباح الاثنين اجتماعا بين النائب العام التمييزي اللبناني والوفود القضائية الأوروبية لمناقشة خطة العمل، قبل البدء بالتحقيقات التي سيشرف عليها القضاء اللبناني لضمان تنفيذ الاستنابات القضائية الأوروبية، دون تجاوز القوانين اللبنانية وصلاحيات القضاء اللبناني.

عرقلة مبكرة

وكان الوفد القضائي الألماني استهل نشاطاته السابقة لبدء التحقيقات، بلقاءات عقدها مع مراجع قضائية لبنانية، أبرزها مع القاضي عويدات حيث تمت مناقشة خطة العمل المعتمدة وتنسيق الخطوات اللاحقة مع النائب العام التمييزي باعتباره يرأس النيابات العامة في لبنان، وتناط به مهمة تسهيل عمل الوفد القضائي التي التزم بها لبنان أمام الدول الأوروبية المشاركة.

إلا أن ذلك لم يمنع تسجيل تطورات قضائية لافتة، أشارت بوضوح إلى أن مهمة القضائيين الأوروبيين لن تكون بالسهولة المرجوة ولا بالأريحية المتوقعة من الجانب اللبناني. فقد سجل الوفد الألماني انزعاجا واضحا في اليوم الأول لعمله إلى جانب القضاء اللبناني، وذلك بعدما رفض النائب العام الاستئنافي اللبناني زياد أبو حيدر طلب مدعي عام التمييز تسهيل مهمة المحققين الأوروبيين، حيث غادر مكتبه وأقفل خطه، الأمر الذي دفع عويدات إلى التلويح بإحالته على التفتيش القضائي.

أبو حيدر عاد وكلف المحامي العام الاستئنافي في بيروت رجا حاموش التعاون مع الوفد الألماني وإطلاعه على ملف تحقيقات النيابة العامة التمييزية في قضايا حاكم مصرف لبنان رياض سلامة، الذي تشدد بدوره في التعامل مع القضاة الألمان، طالبا خروج شخصيات أمنية ألمانية من مكتبه قبل الاطلاع على الملف، معللا ذلك بالحرص على سرية التحقيق.

وللسبب نفسه أيضا، تشدد في منع الفريق الألماني من تصوير أو نسخ لملف التحقيقات الكامل، مانحا القضاة الألمانيين حق الاطلاع على الملفات فقط، والتقدم للنيابة العامة التمييزية بطلب الحصول على الوثائق والنسخ المطلوبة من الملف، الأمر الذي رفضه الوفد الألماني مغادرا مكتب القاضي حاموش دون الاطلاع على ملف سلامة أو فض الشمع الأحمر عنه.

هذه التطورات سرعان ما صعدت الحديث عن وجود نوايا عرقلة من ناحية القضاء اللبناني، الذي أكد في المقابل، التزامه الكامل بتسهيل عمل الوفد الأوروبي بما يتيحه القانون اللبناني وتفرضه المعاهدات الدولية، وعبر عن ذلك وزير العدل اللبناني هنري خوري في مؤتمر صحفي قال خلاله إن “كل تعاون قضائي دولي يتم وفقا لقواعد لا تشكل تعديا على السيادة القضائية اللبنانية، و كل خروج عن هذه القواعد، في حال حصوله، سيواجه بالتأكيد برفض المراجع القضائية المختصة”.

ماذا يقول القانون؟

يذكر أن استجابة لبنان لطلبات التعاون الأوروبية تأتي التزاما منه باتفاقية الأمم المتحدة لمكافحة الفساد واسترداد الأموال 2003 والتي انضم لبنان إليها عام 2009، وهي أول اتفاقية دولية لمكافحة الفساد ملزمة دوليا، وبالتالي يجب على لبنان تنفيذ بنودها، لا سيما المادة 46 منها المتعلقة بتقديم المساعدة القانونية في التحقيقات والملاحقات والإجراءات القضائية المتصلة بجرائم الفساد وتبييض الأموال.

وفي هذا السياق يلفت رئيس مؤسسة “JUSTICIA” الحقوقية المحامي بول مرقص، إلى وجود تعاون مفروض لإجراء التحقيقات القضائية عندما يكون الأمر بين دولتين أو أكثر، مع مراعاة المرتكزات الأساسية لسيادة الدولة في القانون المحلي التي يجب إحترامها، وهو ما يتوافق مع أحكام المادة 49 من اتفاقية الأمم المتحدة لمكافحة الفساد 2003، التي تحثّ الدول الأطراف على توقيع إتفاقيات ثنائية ومراعاة مبدأ السيادة المحليّة.

ويشرح الخبير القانوني لموقع “الحرة” أنه في حال رغبت دولة أجنبية طرف في الاتفاقية الدولية لمكافحة الفساد، في إجراء تحقيقات أو استجوابات في لبنان، يتوجّب عليها أن تطلب ذلك عبر السلطات اللبنانية المختصّة وفق آلية الطلب المحددة في المادة 46 من الاتفاقية عينها، أي عبر النيابة العامة التمييزية.

يستذكر مرقص سوابق على ذلك شهدتها قضية رجل الأعمال كارلوس غصن الذي استجوبه القضاء الفرنسي في لبنان وسواها من القضايا كقضية ساركوزي والأموال الأفريقية وغيرها.

ويبقى للدولة متلقية الطلب حق رفض تقديم المساعدة القانونية المتبادلة، بحسب مرقص، إذا لم يقدم الطلب وفقا للأصول المفروضة أو إذا رأت الدولة الطرف متلقية الطلب أن تنفيذ هذا الطلب قد يمس بسيادتها أو أمنها أو نظامها العام أو مصالحها الأساسية الأخرى، وغيرها من الحالات المحددة حصرا في الفقرة 21 من المادة 46 عينها.

يشير مرقص إلى أن الدستور اللبناني يكرس في مقدمته مبدأ سيادة الدولة اللبنانية وكذلك قانون العقوبات اللبناني، “بحيث لا تخضع الدولة لأي سلطان إلا فيما تتّفق عليه من تعاون قضائي مع دولة أو دول أخرى كما بالنسبة لإتفاقية الأمم المتحدة لمكافحة الفساد التي وقعت عليها 186 دولة منها 20 عربية والتي رغم أنها تنص على مبدأ احترام السيادة القانونية لكل دولة إلا أنها في موادها الأخيرة تنص على إجراءات تعاون قضائي برضى الدول الموقعة من شأنها أن تجيز الاستجواب. علما أن لبنان كان قد وافق على مباشرة التعاون هذا منذ بضعة سنين قبل أن تبلغ الوفود القضائية الأوروبية عزمها المجيء بذاتها إلى لبنان”.

هواجس سيادية.. ومخاوف أبعد

مهمة الوفد الأوروبي أثارت انقساما سياسيا في البلاد، في أبعادها ودلالاتها ونتائجها، بين من رأى فيها تعبيرا صارخا عن عجز القضاء اللبناني عن القيام بدوره في التحقيق بالقضايا الكبرى وتقديم النتائج، وبالتالي تسليما واقرارا دوليا بذلك، وعليه أيد الدخول الأوروبي على خط التحقيقات القضائية، أملا في الوصول إلى نتائج وكشف ملابسات، لم يقدمها القضاء اللبناني حتى اليوم، رغم مرور 3 سنوات على واحد من أسوأ الانهيارات المالية في التاريخ الحديث، والذي أكدت مراجع دولية بأنه جاء “مفتعلا” (تقرير الأمم المتحدة).

وبين من رأى في هذا التطور تدخلا في شؤون لبنانية ومس بالسيادة الوطنية، ووصاية خارجية على السلطة القضائية، على اعتبار أن التحقيقات التي تجري على الأراضي اللبنانية تكون من اختصاص القضاء اللبناني حصرا، فيما ينفذ القضاة اللبنانيون الاستنابات القضائية الصادرة عن الدول الراغبة في متابعة تحقيقاتها في لبنان.

وفي هذا السياق عبرت أطراف سياسية عن خشية من أن تكون هذه الزيارة مقدمة لزيارات أخرى قد تتمحور حول قضايا مختلفة كقضية انفجار مرفأ بيروت والاطلاع على التحقيقات في هذا الشأن وهو ما يعني تدويلا لهذه الملفات، لا يناسب جهات سياسية عدة في البلاد لاسيما الملاحقين والمتضررين من التحقيقات والمستفيدين من تعطيل القضاء اللبناني عن البت بهذه القضايا.

من جانبه كان المدعي العام التمييزي في لبنان قد أوضح أن العمل سيتم وفق معاهدة الأمم المتحدة، التي “لا تتعارض مع القوانين اللبنانية”. في حين أكد وزير العدل اللبناني هنري خوري في مؤتمر صحفي أن “كل تعاون قضائي دولي يتم وفقا لقواعد لا تشكل تعديا على السيادة القضائية اللبنانية، وأن كل خروج عن هذه القواعد، في حال حصوله، سيواجه بالتأكيد برفض المراجع القضائية المختصة”.

وفي هذا الإطار، يرى رئيس لجنة حماية حقوق المودعين في نقابة المحامين المحامي كريم ضاهر أن “زيارة الوفد الأوروبي تحظى بتضخيم إعلامي لأبعادها أكبر من حجمها الحقيقي”، وذلك يتم بحسب ضاهر بمعية المنزعجين من هذه التحقيقات، “من مصلحتهم أن يضيعوا البوصلة وأن يظهروا الأمر وكأنه تعد على السيادة اللبنانية، أو كمؤامرة على القضاء اللبناني لضرب سمعته وغيرها مما جرى الترويج له إعلاميا خلال الفترة الماضية.”

وكانت لافتة في هذا السياق، الحملة الإعلامية التي شنها الإعلام المقرب من “حزب الله” وحلفائه في لبنان على زيارة الوفد القضائي الأوروبي، والترويج لفكرة انتهاكه للسيادة القضائية اللبنانية، في حين أن “حزب الله” بنى طيلة السنوات الثلاث الماضية سرديته للأزمة الاقتصادية اللبنانية على تحميل المصرف المركزي وحاكمه المسؤولية الرئيسية للإنهيار المالي في البلاد، ما طرح استفهامات حول الموقف السلبي من التحقيقات الأوروبية.

“كاد الأمر أن يصل بهم إلى حد الدفاع عن شخص رياض سلامة”، يقول الصحافي والكاتب اللبناني علي الأمين، الذي يفسر ذلك على أنه “توجس تاريخي لدى حزب الله من القضاء الدولي يعود إلى حقبة المحكمة الدولية المخصصة لقضية اغتيال الرئيس رفيق الحريري، وعاد ليظهر واضحا مؤخرا في قضية انفجار المرفأ ورفضهم طرح تدويل التحقيقات، وبالتالي لا شك بأنهم يعتبرون ما يحصل اليوم ليس بريئا وسيكون مقدمة لخطوات لاحقة.”

الأمين يرى أنه حتى ولو كانت التحقيقات ذات بعد أوروبي وليس لبناني، “إلا ان كشف أي معطى جديد غير معروف يتعلق بالفساد في لبنان، سيشجع على كشف غيره، وبالتالي هذا يؤدي إلى إرباكهم، وإن لم يكن بالمباشر فلمجموعة كبيرة من حلفائهم، وفي النهاية حزب الله يستند على شبكة تحالفات ضمن المنظومة الحاكمة، حماها بصدره خلال وبعد احتجاجات 17 اكتوبر”.

عرقلة ممنهجة؟

وبناء على ذلك، يؤكد الأمين أن “هناك تعليمات سياسية مشددة وصلت إلى الهيئات القضائية اللبنانية المعنية بالتشدد وعرقلة مهمة الوفد الأوروبي ووضع قواعد صارمة للتعامل مع التحقيق الدولي وحصره بالملف المالي فقط، وأولى بوادر العرقلة ما جرى قبل أيام حيث كان واضحا أن القضاء اللبناني يتحرك بتعليمات، فاتخذ موقفا غير متعاون مع الوفد، ثم عاد عنه وسرعان ما انقلب على موقفه بعد ورود الاتصالات له، وبالتالي يبدو أن الفريق القضائي اللبناني المتابع كأداة في يد السلطة السياسية.”

يحذر ضاهر من جهته من التفاصيل والالتفافات القانونية والاجرائية بهدف عرقلة مهمة الوفد الأوروبي، ويضيف ” كانت هذه التجربة واضحة في قضية تحقيقات انفجار المرفأ، حيث استخدمت كافة وسائل التعطيل والتأخير من القانون والاجراءات القانونية، ويمكنهم فعل الأمر نفسه مع القضاة الأوروبيين مثلما منعوا حضور الأمنيين الألمان، ولم يسمحوا للقضاة بالحصول على الملفات الكاملة، أو تصويرها، وهذا كله نوع من التعطيل المستخدم من داخل القانون وآلية التحقيقات.”

ولكن يبقى الحاكم الحقيقي لهذا الأمر، بحسب ضاهر، هو توقيع لبنان على اتفاقية التعاون القضائي لمكافحة الفساد، “وهنا القضاة الأوروبيين إذا استطاعوا التثبيت والتقدير أن عملية العرقلة والتأخير ممنهجة ومفتعلة عن سوء تصور وتصميم لعدم التعاون، يمكنهم قول ذلك في دولهم ولكن ذلك سيعود بضرر على لبنان وحيث سيكون هناك تدابير بحق الأشخاص ومؤسسات، والأيام المقبلة ستظهر واقع الحال إذا ما كان هناك عرقلة أم لا.”

يرى بدوره الأمين أن السياسيين لا يريدون للقضاء ان يذهب بعيدا في الملفات، “ولكن لا يجرؤون على مواجهة هذا الموضوع في ظل وجود سيف العقوبات الأوروبية، فالتشدد سيفتح العين الحمراء عليهم، وهذه المنظومة أكثر حذرا من أن تعرض نفسها لأي تأنيب أو عقوبات دولية وبالتالي لن يسمحوا بالوصول إلى تلك المرحلة ولكنهم سيحاولون العرقلة قدر الإمكان، في المقابل وبقدر ما يظهر إصرارا دوليا في هذا الشأن، يفرض إلى حد كبير على الجهات المعنية في لبنان التعاون والالتزام، فما من جهة في لبنان يمكنها تحمل التبعات الدولية لعدم التعاون علناً.”

يذكر أنه وفي صيف 2021، أقر الاتحاد الأوروبي إطارا قانونيا لفرض عقوبات على المسؤولين اللبنانيين بسبب إساءتهم إلى الديموقراطية ودولة القانون، ولكن لم يتم استخدام هذه العقوبات حتى الآن ضد شخصيات سياسية لبنانية.

ماذا يريد الأوروبيون؟

ما يهم القضاء الأوروبي فعليا، بحسب ما يشرح ضاهر لموقع “الحرة”، هو الجرم الذي حصل في أوروبا وعلى اراضي الدول المشاركة في التحقيقات، “لا يهمهم الجرم المرتكب على الأراضي اللبنانية، يهمهم قضايا تبييض الأموال المرفوعة في دولهم، ولكن تبييض الأموال لا يمكن تثبيته إلا من خلال ملاحقة الجرم الأساس، لاثبات ان الأموال المحولة والمستخدمة لشراء عقارات وغيره، ناتجة عن أموال قذرة ومصادرها جرمية وغير شرعية، وفقا للقوانين اللبنانية، لكي يتم اثبات فعل تبييض الأموال في أوروبا.”

ويواجه حاكم مصرف لبنان رياض سلامة دعاوى قضائية أمام المحاكم في سويسرا وفرنسا ولوكسمبورغ وألمانيا، ومنها اتهامه بتحويل أكثر من 300 مليون دولار لسويسرا بطريقة غير نظامية عبر شركة يملكها شقيقه، وبمساعدة مجموعة من المحيطين.

وهذا ما جاء الوفد القضائي ليحقق به، وفق ضاهر، “خاصة أن المبلغ الذي تم تحويله إلى سويسرا، عاد وارسل قسم منها إلى 5 مصارف لبنانية، ثم اخرجت مرة اخرى من لبنان، وهنا أيضا يبحث القضاء الأوروبي ما إذا كانت الأموال استخدمت أيضا في شراء العقارات في أوروبا.”

وفي حال تبين ذلك، يؤكد رئيس لجنة حماية حقوق المودعين في نقابة المحامين أنه بالحد الأدنى “يكون قد وقع جرم الاختلاس الذي يتحدث عنه قانون العقوبات في المواد 351 وتوابعها، إضافة إلى صرف النفوذ وسوء استعمال المركز وخاصة في ظل قانون مكافحة الفساد الصادر عام 2020 والذي من ضمن تعريفه للفساد كان استخدام المنصب او المركز للإستفادة بصورة مباشرة أو غير مباشرة بشكل شخصي أو لأحد الأقارب أو المقربين، والاتهامات التي تواجهها شركة “فوري” لشقيق رياض سلامة تدخل في صلب هذا الموضوع وضمن الافعال الـ21 التي تنص عليهم المادة الأولى من قانون 44 الصادر في عام 2015 لمكافحة تبييض الأموال ومكافحة الإرهاب”.

ومنذ يوليو 2021، يحقق القضاء المالي الفرنسي في ثروة سلامة، وقد وجه مؤخرا اتهامات لامرأة أوكرانية مقربة منه، بينها غسل أموال واحتيال ضريبي، وفي هذا السياق يشرح ضاهر أنه وبعد القضاء السويسري وما تكشف خلال التحقيقات الأوروبية، تكشف أمور إضافية كملكية حاكم مصرف لبنان لمبنى في الشانزيليزيه في فرنسا، تعود ملكيته لابنة له لم يكن مصرح عن وجودها، وتدير والدتها أعمال المبنى، حيث جرى تحويل أموال لها عبر شقيقه رجا سلامة.

كل هذا الملف محور كان تحقيق فرنسي درس، بحسب ضاهر، تكوين هذه الشركات ولاحق مصادر الأموال، وجرى ذلك بتعاون بين النيابات العامة الأوروبية، حيث اجتمع قضاة من 7 دول أوروبية لديه استثمارات فيها، وبدأت حملة تدقيق بكافة الأملاك التي تعود لسلامة وأقاربه ومقربين منه.

يذكر أنه في 28 مارس 2022، أعلنت وحدة التعاون القضائي الأوروبية (يوروغاست) أن كل من فرنسا وألمانيا ولوكسمبورغ جمدت 120 مليون يورو من الأصول اللبنانية إثر تحقيق استهدف سلامة وأربعة من المقربين منه بتهم تبييض أموال و”اختلاس أموال عامة في لبنان بقيمة أكثر من 330 مليون دولار و5 ملايين يورو على التوالي، بين 2002 و2021″.

هناك نقطة اساسية لا تحظى بالضوء الكافي في قضايا سلامة، بحسب ضاهر، وهي التهرب الضريبي “إذ يهم القضاء الاوروبي أيضا في حال حصول تهرب ضريبي، معرفة ما إذا كانت الأموال الناتجة عن التهرب الضريبي وتحولت إلى الخارج بعملية تبييض أموال وفق التعريف اللبناني والتعريف الأوروبي، بالنسبة للقضاء الاوروبي يهمه معرفة مصدر الأموال التي وصلت إليهم واشترى بهم عقارات، ودخلت في النظام المصرفي.”

ورغم تعدد الشكاوى بين أوروبا ولبنان، لطالما نفى سلامة الاتهامات التي وجهت له، إن لناحية الاختلاس وتبييض الاموال التي رأى أنها تستهدف سمعته، أو لناحية المسؤولية عن الانهيار المالي وتهريب الأموال إلى الخارج، التي ينفيها أيضا ويحمل المسؤولية للحكومات اللبنانية التي استمر بتمويل انفاقها، محملا الطبقة السياسية مسؤولية الانهيار.

ويشغل سلامة منصبه كحاكم لمصرف لبنان منذ عام 1993، ما جعل منه أحد أطول حكام المصارف المركزية عهدا في العالم، فيما يفترض أن تنتهي ولايته الحالية في مايو 2023.

انسحاب على قضايا أخرى؟

وتطرح استفهامات عما اذا كانت زيارات الوفود القضائية الأوروبية ستنسحب على ملفات أخرى تعني الأوروبيين، كقضية مقتل الجندي الإيرلندي ضمن قوات اليونيفل جنوب لبنان، أو قضية انفجار مرفأ بيروت الذي أودي بحياة أوروبيين من بينهم مهندس فرنسي، ما قد يجعل القضايا المالية مجرد مقدمة، لاسيما مع وجود حديث عن زيارة قضائية فرنسية للبنان خلال الشهر الجاري بشأن تحقيقات انفجار مرفأ بيروت.

وفي هذا الإطار يرى الأمين أن “الرسالة القضائية من الناحية الأوروبية ليست بريئة، وانما تمهيد لمسار طويل سيتم من خلاله التعامل مع لبنان، لاسيما في العنوان القضائي ومن باب قضايا الفساد وانفجار المرفأ، ستكون مداخل موضوعية لتبرير التدخل الخارجي خاصة بوجود حاضنة داخلية لمثل هذه المبادرات الأوروبية.

ويضيف الصحافي اللبناني أن “هذا الأمر يفضح القضاء اللبناني ويكشف عن كونه معطل، فلو قام القضاء اللبناني بواجبه لكانوا ارتكزوا على نتائج تحقيقاته وما صدر عنه، وبالتالي سيكون التدخل مستندا أيضا إلى التقصير القضائي اللبناني وملفات لم يتم حسمها وبالتالي هناك مبررات سياسية وقانونية للقول إن هذه الملفات لم تحسم وهذا ما اضطرنا للتدخل بشكل مباشر.”

في المقابل يرى ضاهر أن هناك مبالغة في ربط مهمة الوفد القضائي بتحقيقات انفجار المرفأ والإعلام هو المسؤول عن هذا الالتباس، “طرح الوفد مجرد تساؤل عن مصير التحقيقات، وكان سؤالا واحدا تحول في الإعلام إلى قضية يريد المتضررون من هذه التحقيقات استخدامها مع كافة الوسائل، للتخويف من هذه الخطوة لدى الراي العام، لأن أي عملية خرق قد تحصل في هذه الملفات سيسقط أشخاص كبار ومنظومة من خلفهم لأنها مترابطة ومتكاملة.”

توقيف وليم نون بين الموقف العاطفي والعقلاني… “الديار” تكشف تفاصيل قانونية لأول مرّة |14-1-2023

لو كانت أرواح شهداء مرفأ بيروت تتكلم، لكانت صرخت وجعا وقهرا بوجه السلطة وأشباه رجالها الذين لم يكتفوا بمشهد تدمير عاصمة بأكملها، حتّى بدأوا وبكل “دم بارد”، بحرق ما تبقّى من أعصاب أهالي الضحايا.

فبعد سنتين على تفجير “ست الدنيا بيروت”، ما زلنا ننتظر “العدالة” التي باتت اليوم حلم كل مواطن لبناني فقد أحدا في يوم 4 آب المشؤوم. وبين فكرة أن معرفة الحقيقة في ملف بهذا الحجم باتت مستحيلة، وبين “خيط الأمل الرفيع” المتبقّى، يقف الأهالي في معركة يومية بوجه كل من يعرقل التحقيق.

اعتصام أهالي مرفأ بيروت ليس جديدا، إلا أن في هذه المرّة لم يمر المشهد كما اعتدنا عليه أن يمر، فيوم أمس وبعد توقيف وليم نون ، شقيق شهيد فوج الاطفاء جو نون، على خلفية قوله “بدنا نفجّر العدلية”، انفجر الشارع غضبا، مطالبا بالافراج عنه.

فلم تكن ليلة عادية، حيث أمضت زينة نون، والدة وليم ليلتها في الشارع، مشددة على أنها ستبقى حتى اطلاق صراحه.

ومن هنا، انقسمت الآراء بين كل من عارض توقيف وليم نون على الرغم من قوله عبارة “بدنا نفجّر العدلية”، ومن تمسّك بالقانون واستشهد به.

والسؤال الذي يطرح هنا هو هل يعقل توقيف شقيق أحد الضحايا، بعد أن قام بردة فعل على الفعل؟

من المعروف عن وليم نون أنه شخصا عفويا ينطق بما يفكر به، نتيجة حجم الحزن الذي يعيشه بعد أن دفن شقيقه جو “مرتين”، نتيجة “غلطة” في فحص الDNA الذي أقيم لمعرفة “هوية أصحاب الأشلاء” وتسليمهم لأهاليهم.

فليس فقط المقربون منه يعرفون أنه ليس إرهابيا ولا يملك الأسحلة ولا الـdynamite””، فهو بكل اعتصام للأهالي يقوم بالتهديد ولا ينفّذ، وتأتي هذه التهديدات نتيجة “حرقة قلبه”. هذا، بالاضافة الى أن الأجهزة الأمنية قامت بتفتيش منزله القائم في مشمش أكثر من مرة، ولم تجد أي أسلحة غير شرعية أو أي شيء يدعو للشكوك بأمره.

ففي موقعه، يجب أن يكون “معذور” ولو مهما كانت تصاريحه عالية السقف، فلو كان فعلا مجرما لكان نفّذ كل التهديدات التي كان يقولها منذ تفجير مرفأ بيروت لليوم.

واستنادا الى تقارير من وجهة نظر علم النفس، إن رد الفعل المباشر يحدث بشكل فوري على الموقف الذي يتعرض له الشخص (ما يؤكد “تصريح” وليم نون الذي جاء خلال الاحتكاك بين الأهالي والأجهزة الأمنية يوم الاعتصام أمام قصر العدل)، وغالبا ما يتميّز رد الفعل هذا بالعاطفة التي تغلب على الشخص وعدم التفكير قبل القيام برد الفعل. وتؤكد تقارير علم التفس أن الشخص يصل في معظم الأحيان الى فقدان الأعصاب أو قول كلام يدعو للندم بعد ذلك.

ولهذا السبب، تواجد عددا كبيرا من المواطنين في الشارع تضامنا مع وليم نون والمطالبة بإطلاق سراحه.

ومن جهة أخرى، الهدف ليس أن نقلل من حجم تصريح وليم نون أو أن نقف بوجه الأجهزة الأمنية التي تقوم بدورها في حماية السلم الأهلي وحماية الأمن، فعلى الرغم من أن تصريح نون جاء كردّة فعل، وبالرغم من أن هذا الأخير لا يملك الامكانيات بالتأثير على الأمن أو ضربه، ، تطرح فرضية مفادها أننا اذا أردنا “غض النظر” عن تصريحات نون من دون التحقيق معه أو تحذيره من أن هذه الأقوال قد تؤدي الى انفجار اجتماعي، قد “يفلت الملئ”، ويصبح تهديد الادارات الحكومية أمر عادي.

فالرأي العام واقع هنا بين “شاقوفين”، شقوف موقف التضامن مع وليم نون الذي يغلب عليه العامل العاطفي، والشقوف العقلاني الذي يتمسك بالقانون لمنع التهديدات والتصريحات العشوائية.

وفي هذا الاطار، كشف نقيب المحامين ناضر كسبار، في حديث خاص لموقع “الديار”، “أنني دعوت مجلس نقابة المحامين لاجتماع طارئ لنبحث في موضوع “توقيف” وليم نون، وأعتقد أن طريقة التوقيف لم يستند عليها قانونيا”.

وأوضح كسبار أن “وليم نون موقوف على ذمّة بحث وتحري، وبعد مدّة معيّنة إما يتم الادعاء عليه وإما يتم “تركه”، مشددا على أن المصطلح الأصح قانونيا هو “تركه” وليس “إطلاق سراحه”.

وتابع: “رأي الشخصي هو أن تصريح وليم لا يستوجب التوقيف، لا إنسانيا ولا إجتماعيا. فهذا التصريح “يبقى كلام” ولو نفّذ أي فعل أو أوحى أنه قد ينفّد كان غير كلام. وكنت أفضّل لو لم تحصل هذه الخطوة القضائية، وبالأخص مع وليم كونه شقيق أحد ضحايا الانفجار”.

وفي الاطار نفسه، اعتبر المحامي شكري حداد المطّلع على ملف انفجار مرفأ بيروت، أن “هناك اشكاليات عديدة تطرح في موضوع التوقيف، منها أنه حصل اتفاق حضور وليم نون وعددا من أهالي مرفأ بيروت يوم الاثنين إلى التحقيق أمام قصر العدل نتيجة تحركاتهم الأخيرة، الا أن القضاء خالف هذا الأمر وتقدّموا ببلاغ بحث وتحرّي.”

ورأى حداد، في حديث خاص مع موقع الديار، أن “هذه الاشارة باستدعاء نون مخالفة للقانون والمبادئ القانونية، ويجب التوقف عندها. ونحن في انتظار القرار النهائي بتركه الا أنهم ما زالوا يحاولون تمديد فترة التحقيق ونحن نرفض هذا التصرف الذي يعد إجراء تعسّفي!”.

وشدد المحامي شكري حداد على “أنه لا يجب على أي قاض أن يستغل القانون بل أن يطبقه بشكل “أصولي”، وما يحصل اليوم هو استغلال وليس تطبيق ويعتبر استعمال نفوذ لمصالح شخصية او سياسية ونحن نرفض هذا الأمر رفض نهائي!”.

وبدوره، اعتبر رئيس مؤسسة JUSTICIA الحقوقية المحامي بول مرقص، أن “التصريحات التي أدلى بها وليام نون منذ بضعة أيام بما يتعلق بتفجير قصر العدل بالديناميت، نن شأنها أن تحرك الإجراءات القضائية ضده “في ظل الظروف العادية”. لكن في ظل الظروف الاستثنائية الحالية، حيث العدالة معطلة، وملف تفجير مرفأ بيروت متوقف تماماً، فيصبح ذلك غير منطقي.

فهل يمكننا تطبيق القانون في هذا الملف وعدم تطبيقه في الملف الرئيسي وهو انفجار المرفأ؟ أخشى أن يكون هناك من يوظّف ملف وليم نون لغايات سياسية أو للتأثير في مسارات قضائية أخرى او موازية. التركيز يجب أن يعود إلى الملف الأساسي وهو تفجير المرفأ.”

وأضاف: “ليس من الممكن إعمال الاجراءات بحق وليم نون بدعوى تطبيق القانون وفي الوقت عينه تعليق تنفيذ الاجراءات بحق سواه لاسباب سياسية، فإما  ان تكون العدالة على الجميع عملا بقاعدة “العدل اساس الملك” المرفوعة على قصر العدل أو لا تكون”.

القضاة الاوروبيون والتحقيق بالجرائم المالية | 12-1-2023

حُلّت الإشكالية، ومن المقرر أن يحضر وفد القضاة الاوروبيين الى لبنان اذ ان “كل التباينات التي برزت بين الجانبين اللبناني والاوروبي تبدّدت نهائيا” بحسب مصدر قضائي متابع للملف، وتمّ الإتفاق على توحيد الإجراءات وآلية حصول التحقيقات” على أن تجري الاستجوابات (30 شخصية ماليّة ومصرفية) في القاعة الرئيسية لمحكمة التمييز في الطابق الرابع من قصر العدل في بيروت، بحضور قضاة من النيابة العامة التمييزبة اللبنانيّة يتوّلون بأنفسهم مهمة الاستجواب، وذلك ضمن تنفيذ استنابة قضائية ترعاها اتفاقيّات التعاون الموقّعة بين لبنان ودول الوفود الثلاثة فرنسا والمانيا ولوكسمبورغ، والتي تحترم صلاحيات القضاء المحلي، واعتبرت مصادر قضائيّة ان النتائج ستخدم مسار التحقيق الذي يجريه القضاء اللبناني لأنّه سيطّلع على كل المعلومات المتوفرة للقضاء الاوروبي وسيبني عليها اجراءاته في المرحلة المقبلة.

لكن السؤال كيف وبأيّة طريقة حُلت المشكلة، وكيف سيتعامل لبنان مع الوفد القضائي الأوروبي. ما هي المقاربة القانونيّة لهذه الخطوة علام تدلّ؟ وما هي خطورتها بالنسبة للبنان؟.

في الجانب القانوني رأى رئيس مؤسسة جوستيسيا القانونية المحامي الدكتور ​بول مرقص​ عبر “النشرة” انه “رغم إقرارنا المطلق بضرورة مكافحة الفساد وتفعيل التحقيقات القضائية عموماً، بسبب الفساد المتفشّي، إلا أن ثمّة تعاون لإجراء التحقيقات القضائيّة عندما يكون الأمر بين دولتين أو أكثر، مع مراعاة المرتكزات الأساسية لسيادة الدولة في القانون المحلّي التي يجب إحترامها، هذا ما يتوافق مع أحكام المادة /49/ من إتفاقية الأمم المتحدة لمكافحة الفساد لعام 2003، والموقّعة من قبل لبنان عام 2009، التي تحثّ الدول الأطراف على توقيع إتفاقيات ثنائيّة ومراعاة مبدأ السّيادة المحليّة ورغم التشجيع على توقيع ما تقدّم من اتفاقيات، ففي حال رغبت دولة أجنبيّة طرف في الاتفاقية الدولية لمكافحة الفساد، في إجراء تحقيقات و/أو استجوابات في لبنان، يتوجب عليها أن تطلب ذلك عبر السلطات اللبنانيّة المختصّة وفق آليّة الطلب المحددة في المادة /46/ من الإتفاقيّة عينها، وهي النيابة العامة التمييزية. ومن السوابق على ذلك قضية رجل الأعمال كارلوس غصن، الذي استجوبه القضاء الفرنسي في لبنان، وسواها من القضايا كقضية الرئيس الفرنسي السابق نيكولا ساركوزي والأموال الافريقية وغيرها من القضايا، حيث يبقى للدولة متلقيّة الطلب حقّ رفض تقديم المساعدة القانونيّة المتبادلة، إذا لم يقدّم الطلب وفقاً للأصول المفروضة، أو إذا رأت الدولة الطرف متلقيّة الطلب أنّ التنفيذ قد يمسّ بسيادتها أو أمنها أو نظامها العام أو مصالحها الأساسية الأخرى، استناداً إلى الفقرة 21 من المادة 46 عينها”.

وشدّد مرقص على أنّ الدستور اللبناني يكرّس في مقدمته مبدأ سيادة الدولة اللبنانية ( “Principe de souverainte de l’etat” ) وكذلك قانون العقوبات اللبناني، بحيث لا تخضع الدولة لأي سلطان الا في ما تتّفق عليه من تعاون قضائي مع دولة أو دول أخرى، كما بالنسبة لاتفاقية الأمم المتحدة 186 لمكافحة الفساد التي وقعت عليها 20 دولة عربيّة، والتي رغم أنها تنص على مبدأ احترام السيادة القانونية لكل دولة إلا انّها في موادها الأخيرة تنص على إجراءات تعاون قضائي برضى الدول المُوقّعة من شأنها أن تجيز الاستجواب. علماً أن لبنان كان قد وافق على مباشرة التعاون هذا منذ بضعة سنين قبل أن تبلغ الوفود القضائية الأوروبيّة عزمها المجيء بذاتها إلى لبنان.

اما عن المخاوف من المحققين الاوروبيين، لفت الصحافي المتخصص في الشؤون القضائيّة يوسف دياب الى ان خطوة كهذه تدلّ على أنّ الملفات اللبنانية ذات البعد الخارجي لم تعد فقط محصورة في يد القضاء اللبناني، بل هناك تدخلات لأسباب عدّة، منها ان القضاء لم يحسم في الملفّات العالقة لديه سواء المالية منها او غيرها، لذلك برأيه “هناك تخوف حقيقي في لبنان من انّ الملف المالي هو المدخل للتدخل في ملفّات أخرى كملف المرفأ واليونيفل او غيره. وبالتالي صار لزاما على القضاء اللبناني أن يتعامل بجدّية اكبر مع التحقيقات كملفّ حاكم المصرف المركزي رياض سلامة الذي انتهى التحقيق فيه منذ الصيف، لكن لم يحصل أيّ ادعاء فيه، لذلك هناك مأخذ على القضاء اللبناني أكثر. الأمر الذي استدعى تدخّل القضاء الأجنبي وهذه الخطوة أضعفت القضاء اللبناني بشكل كبير وأثرت على مصداقيته في العمل التحقيقي أو بمراحل المحاكمات، التي ممكن أن تحصل لاحقا، بالتالي شئنا أم أبينا أصبحت الملفات اللبنانية تحت وصاية دولية سواء أوروبية أو غيرها واصبحت أمام مراقبة دوليّة ولا يمكن للبنان التفرّد بها ولا يمكنه “تنويم الملفّات” ولا تحريفها باتجاه يخدم مصلحة سيّاسية معيّنة.

هذا، وكانت سبقت الزيارة موجة من الاستياء والانتقادات، لأن الوفود الاوروبيّة أطلعت بيروت على طبيعة عملها بالحضور لاستجواب لبنانيين لتحديد مصادر أموال حولوها الى مصارف اوروبية خلال السنوات الماضية، من دون تدخّل القضاء اللبناني، الأمر الذي أثار استياء القضاة اللبنانيين واعتبروا هذا الأمر تدخلاً بالعمل القضائي اللبناني ومصادرة لدوره، علمًا أن أيّ شيء لم يمنع القضاة من ممارسة دورهم بشكل طبيعي لولا التدخّلأات السياسية المسيطرة على الجسم القضائي.